SYNTHESE
ET RECOMMANDATIONS
Le 13-14 et 15 mars 2001, s’est tenu au palais de
congrès de Bamako, la 3ème édition de la Conférence Régionale
sur les perspectives Agricoles de l’Afrique de l’Ouest. Ont pris part à
cette conférence, les représentants des producteurs, des transformateurs,
des commerçants, des décideurs du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire,
du Ghana, de la Guinée Conakry, du Niger, du Mozambique, du Sénégal, du
Togo, de la Zambie, du Mali, ainsi que des chercheurs des Etats Unis et de la
France
Cette conférence tout comme les deux précédentes
a pour objectif global l’élargissement de la base d’informations des
acteurs en vue d’améliorer la qualité des prises de décision.
D’une manière spécifique, la conférence vise
à :
partager
l’information sur les facteurs qui influenceront l’évolution
des marchés agricoles durant la présente campagne de commercialisation
entre différents acteurs ;
créer un
forum où un grand nombre d’acteurs et d’observateurs des marchés agricoles
peuvent se rencontrer pour partager l’information sur les développements des
marchés de manière permanente ;
mettre en
place le bureau du réseau régional des opérateurs économiques du secteur
agro - alimentaire de l’Afrique de l’Ouest.
La
cérémonie d’ouverture était placée sous la présidence de son excellence
Monsieur le Ministre du Développement Rural du Mali qui avait à ses cotés, Le
Président de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali, Le
représentant de Monsieur Le Président de l’Assemblée Nationale du Mali, le
Professeur John Staatz de l’Université d’Etat de Michigan, le représentant
du Directeur de l’USAID-Mali et le coordinateur national du PASIDMA.
Trois
allocutions ont été prononcées lors de cette
cérémonie par le Président de l’APCAM, le Directeur général de
l’USAID Mali et le Ministre du Développement Rural et de l’Eau.
La
conférence a enregistré trois exposés introductifs et 21 exposés thématiques.
Au
niveau des marchés mondiaux :
Pour
ce qui est de la croissance économique globale, on notera un ralentissement en
2001 avec cependant des taux positifs qui varient de 3% au USA à 5% en Asie. Le
taux de croissance en Afrique varieraient entre 2 et 3% pour 2001.
Concernant
les marchés des produits on peut noter :
-
une relative stabilité des prix du riz et du maïs ;
- Une
légère augmentation des prix du
blé et du coton ;
- Une
augmentation probable du prix de la viande suite à une réduction des effectifs
avec cependant, le problème lié à la maladie de la vache folle et de la fièvre
aphteuse.
Sur
le plan sous-régional, la situation alimentaire est globalement déficitaire
pour les mil / sorgho et maïs de l’ordre de 1 025 900 tonnes, un déficit de 11
400 tonnes pour le riz et un excédent de 72 100 tonnes pour le blé (prévisions
du CILSS de novembre 2000).
D’une
manière générale on peut retenir que la situation alimentaire est déficitaire
dans la plupart des pays de la sous-région. Cette situation s’explique en
grande partie par les conditions climatiques et socio - politiques. Le déficit va
de 30% par rapport à la campagne 2000/01 au Burkina faso à 18% au Mali.
Cependant, pour le Mali, on serait en situation d’équilibre par rapport à la
moyenne des cinq dernières années. D’une situation de déficit au Niger
(estimé à 163 000 tonnes de céréales et un niveau de prix proche de 160
FCFA/kg.) on est à une situation d’excédent au Togo (100 000 tonnes de céréales).
Cependant si certains pays affichent un excédent en céréales ils restent déficitaires
en bétail-viande (cas des pays côtiers).
Pour
ce qui est des prix, la tendance générale est à la hausse par rapport à la
campagne.
Concernant
le cadre réglementaire, presque dans tous les pays, l’évolution se fait dans
le contexte du libéralisme économique avec un objectif d’harmonisation des
textes dans le contexte de l’OMC ou des organisations sous régionales
(CEDEAO, UEMOA).
Au
terme des débats des recommandations en vue de la ré-dynamisation des échanges
sous-régionaux ont été faites :
1ère
Recommandation
-
Considérant
la faible circulation de l’information entre les différents acteurs ;
- Considérant
l’existence dans la plupart des pays des potentialités d’échanges ;
- Considérant
la non mise en place des coordinations nationales dans la plupart des pays
concernés ;
La
conférence recommande
La
mise en place diligente dans un délai de trois mois des coordinations dans les
dits pays .
2ème
recommandation
-
Considérant
l’existence dans la plupart des pays des systèmes d’informations sur les
marchés ;
- Considérant
l’importance des informations sur les marchés agricoles dans les prises de décisions des
acteurs ;
- Considérant
l’existence du réseau des SIM ;
La
conférence recommande
-
Que
des dispositions soient prises dans tous les pays pour la préservation des
acquis ;
- Que
le CILSS apporte l’appui technique nécessaire pour le bon fonctionnement du réseau
des SIM et des autres sources d’informations existantes ;
3ème
recommandation
Considérant
l’importance de la place de la Côte d’Ivoire dans le commerce du bétail
des pays du Sahel ;
-Considérant
les difficultés d’acheminement du bétail liées à certaines tracasseries
frontalières ;
La
conférence
Félicite
le gouvernement de la Côte d’Ivoire pour le convoyage des camions à bétail
et souhaite que cette mesure transitoire soit maintenue jusqu’au retour du
pays à une situation normale.
4ème
recommandation
-
Considérant
l’existence de l’expertise au Sénégal en matière de techniques de
conservation biologique du poisson, de la viande et des mollusques
- Considérant
les difficultés d’obtention de ces produits par les acteurs ;
La
conférence recommande instamment
Que
le nouveau bureau retienne le principe de formation tant au niveau du Sénégal
qu’au niveau des pays respectifs afin que les productions puissent être
judicieusement exploitées
5ème
recommandation
-
Considérant
l’importance de la demande des pays développés en fruits et
légumes ;
- Considérant
l’absence de données statistiques fiables sur les fruits et légumes ;
La
conférence recommande
L’implication
des professionnels de la filière dans la mise en place d’un système de
collecte de données adapté
6ème
recommandation
- Relative à la pérennisation de la conférence des opérateurs économiques
du secteur agro-alimentaire de l’Afrique de l’Ouest
-
Considérant
l’importance d’échanges d’informations entre les différents acteurs du
secteur agricole ;
- Considérant
l’intérêt que les participants ont manifesté tout au long de cette
rencontre,
La
conférence recommande
Sa
pérennisation avec une forte implication des secteurs privés et l’appui des
décideurs.
La
conférence