Justification 

Les bilans des campagnes agricoles constituent les principales sources d’information pour l’élaboration des mesures d’approvisionnement des populations en Afrique de l’Ouest. Généralement, les bilans donnent les prévisions des récoltes et les stocks disponibles au niveau des producteurs, du secteur commercial et des structures étatiques. Le montant des prévisions de récoltes et les stocks constituent les ressources alimentaires pour la campagne à venir.  La confrontation des ressources et des besoins alimentaires des populations permet de dégager une situation de surplus ou de déficit. Une situation de déficit se traduit généralement en besoins d’importations commerciales ou d’aides alimentaires.  

Ce sont les informations des bilans des campagnes agricoles qui déterminent les politiques d’aides alimentaires et d’importations commerciales à court terme des états en Afrique de l’Ouest.  Malheureusement,  le secteur  privé, qui constitue un maillon incontournable pour la réalisation des objectifs des politiques de sécurité alimentaire, n’a accès aux informations des bilans des campagnes agricoles et les mesures de commerce extérieur et les programmes d’aide alimentaire qui en découlent. Ainsi, la mise en application de ces mesures et programmes arrivent souvent comme une surprise pour les acteurs privés et perturbe ainsi le fonctionnement normal du marché.  Cette situation crée des risques accrus pour l’investissement du secteur privé dans les activités de commercialisation, notamment le stockage intra et inter-annuel.  

Pour dynamiser les échanges entre les pays de la sous-région et permettre au secteur privé de jouer un plus grand rôle dans l’approvisionnement des consommateurs, il est important de réduire les risques liés aux mesures politiques de sécurité alimentaire de court terme en rassemblant les acteurs du secteur privé, les chercheurs, les vulgarisateurs et les agents du gouvernement pour partager les informations sur les bilans des campagnes et discuter des évolutions possibles des marchés agricoles dans la sous-région.  Un tel échange d’information permet aux acteurs d’anticiper les réactions possibles des décideurs politiques aux perspectives agricoles pour l’année en cours. Ainsi, les risques crées par les effets de surprise des mesures de commerce extérieur et des programmes d’aide alimentaire, plus spécifiquement les zones d’intervention, les quantités programmées et leur mode de gestion, seront minimisés. 

L’hypothèse de base d’une conférence de perspectives agricoles  est qu’aucun des acteurs n’a une image complète des évolutions possibles des marchés agricoles, mais qu’en créant un forum où tous les acteurs peuvent partager leurs connaissances, une image plus complète des évolutions possibles des marchés peut émerger.  Une conférence de perspective agricole élargit donc la base d’information des participants et contribue ainsi à améliorer la qualité des prises de décision. Les conférences de perspective sont donc une des composantes des programmes de vulgarisation des techniques de commercialisation agricole.  Ces programmes comprennent aussi des publications périodiques sur les perspectives des marchés et le développement des supports à la décision pour aider les producteurs et les commerçants à améliorer leurs décisions de commercialisation dans un environnement d’information imparfaite  sur l’évolution probable des marchés dans les mois à venir.  Les conférences de perspectives agricoles constituent donc un instrument essentiel dans l’amélioration de la commercialisation des produits agricoles en Afrique de l’Ouest.